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La vallée du Lot en Lot-et-Garonne : inventaire topographique

In Situ n°6 - septembre 2005

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AlainBeschi
chercheur. Inventaire. Région Aquitaine
HélèneMousset
conservatrice du patrimoine. Inventaire. Région Aquitaine.

La remise en navigation du Lot est à l’origine du projet d’inventaire du patrimoine de la vallée dans sa partie lot-et-garonnaise[1]. L’ampleur du territoire - 12 cantons riverains[2] - et de la perspective historique - du Moyen Age à nos jours - imposaient d’emblée rigueur et objectifs clairs : méthode raisonnée de l’inventaire topographique pour un bilan homogène du patrimoine, fondée sur une enquête systématique du paysage bâti et du mobilier public, sans a priori. Le premier résultat est un catalogue patrimonial sous forme de bases de données[3]. Mais ce corpus documentaire hétérogène et touffu n’est pas une addition de monographies : il peut et doit être interrogé et exploité comme un ensemble apportant une connaissance renouvelée du territoire. Sans prétendre réaliser une synthèse de la totalité des données pour l’ensemble de la vallée[4], les exemples qui vont suivre illustreront la façon dont le travail d’inventaire apporte réponses et nouvelles interrogations, concernant notamment l’occupation du sol, les paysages et l’architecture de cette partie de l’Agenais. Recherche de l’empreinte d’une époque déterminée, examen de la permanence des paysages bâtis sur la longue durée et observation des traces de mutations et flexions historiques, sont un triple niveau d’analyse attendu dans le cadre d’un inventaire sur un vaste territoire rural.

The plan to reintroduce navigation on the Lot in the part of the river that flows through the Lot-et-Garonne department was at the origins of a survey of the heritage along the course of the river. The geographical scope of the survey was large (12 cantons along the river) and the period covered by the heritage extends from the Middle ages up to the present day. The variety of buildings to be covered required a rigorous approach and clear objectives. The method of the topographical inventory was tailored to the production of a homogenous heritage audit, based on a systematic survey of the built environment and public street furniture, without any a priori. The first result is a catalogue presented as a database. But this rich and heterogeneous documentary corpus is not a mere collection of monographic studies. Its ambition is to bring fresh light to a holistic understanding of the territory concerned. Although a synthesis of the data for the whole valley is not possible here, the examples given show how the inventory approach can bring answers and new interrogations, in particular where land occupation patterns are concerned and the relations between architecture and landscape. The inventory of this vast rural territory therefore hopes to bring information at three levels of analysis: the research of heritage traces for a particular period, the long-term permanence of the built environment and the observation of the traces of historical change and mutation.

1 - L’apport de l’inventaire à la connaissance historique : le Moyen Age

Faible matérialité, forte prégnance

Fort d’un matériau historiographique solide[5], l’historien du patrimoine reste tributaire de l’existence des témoignages matériels. Or, les destructions de vestiges médiévaux ont été légion dans la vallée du Lot. Destructions anciennes tout d’abord, dues à la virulence des affrontements successifs : la croisade contre les Albigeois, les guerres de Cent Ans puis de Religion, enfin la Fronde, ont tour à tour entraîné la ruine des principaux établissements religieux et des places fortes de la vallée. Citons le prieuré de Saint-Sardos au cœur des échauffourées ayant préludé à la guerre de Cent Ans, l’abbaye de Gondon au nord du Lot ou celle de Pérignac près de Montpezat, dont ne subsistent que d’infimes vestiges et presque aucun document médiéval. De grands foyers monastiques comme les abbayes bénédictines d’Eysses ou de Clairac, ou encore le prieuré fontevriste de Fongrave, n’ont guère mieux franchi les siècles. Ajoutons une multitude d’églises champêtres, dotées du statut paroissial au Moyen Age, simples annexes sous l’Ancien Régime, dont les visites pastorales décrivent la déchéance progressive, par destruction ou défaut d’entretien, avant la vente des derniers vestiges pendant la Révolution. Ainsi, sur l’ensemble de la vallée, on peut estimer à plus du quart les églises médiévales ruinées ou totalement détruites (fig. n°1)(fig. n°2).


Fig. 01 - Frégimont, site de l’église paroissiale Saint-...

(fig. n°1)


Fig. 02 - Saint-Salvy, Cugurmont, ruines de l’église Sai...

(fig. n°2)

Nombre de résidences seigneuriales ont également disparu, comme le château de Montpezat (fig. n°3) qui dominait la vallée du Lot, celui de Cancon sur un « pech » des coteaux de la rive droite (fig. n°4) ou encore la forteresse royale de Tournon, rasés entre le XVe siècle et la Révolution.


Fig. 03 - Montpezat, vestiges du site castral. Phot. Inv...

(fig. n°3)


Fig. 04 - Cancon, vestiges du site castral. Phot. Inv. A...

(fig. n°4)

Quant aux fortifications d’agglomération, l’expédition de Louis XIII dans les années 1620 a contraint au démantèlement de nombreuses places fortes, même s’il s’agit souvent, comme à Clairac, de fortifications bastionnées doublant l’enceinte médiévale. Aux épisodes de destruction liés à des faits d’armes, s’ajoute l’importance des reconstructions : château et partie du bourg d’Aiguillon au XVIIIe siècle, demeures urbaines lors de périodes prospères des XVIIIe et XIXe siècles, église Sainte-Catherine de Villeneuve en 1934… Enfin, des destructions récentes, à Castelmoron (Tour du Fort) (fig. n°5), Casseneuil (salle gothique du château) ou Fumel (quartier médiéval) (fig. n°6), ont encore amputé un corpus d’édifices déjà restreint par les aléas de l’histoire.


Fig. 05 - Castelmoron, hôtel dit Tour du Fort, état en 1...

(fig. n°5)


Fig. 06 - Fumel, ancien quartier Notre-Dame, état en 197...

(fig. n°6)

De prime abord, le bilan est donc maigre : le patrimoine médiéval de la vallée du Lot est tronqué, les vestiges oblitérés, le corpus limité. Cependant, au terme de l’inventaire, ce sont quelque quatre cents édifices recelant des éléments médiévaux qui ont été recensés sur l’ensemble de l’aire d’étude, correspondant presque au quart des édifices sélectionnés. Ces données concernent pour près de 50% l’architecture religieuse, l’architecture castrale pour plus de 20%, mais aussi pour environ 30% l’architecture civile et domestique. Pris dans un vaste ensemble territorial, ces éléments forment une trame continue, constituant un matériau de première main pour l’étude de l’occupation du sol et du peuplement.

La mise en place des réseaux : les églises paroissiales

La prise en compte d’un territoire dans sa globalité offre la possibilité de le découper horizontalement, d’opérer des coupes stratigraphiques et de faire émerger de l’information historique par la cartographie. Des « zooms » sur un secteur particulier permettent de passer d’une vision macroscopique à une vision microscopique, à l’échelle du finage paroissial par exemple, et de tendre des fils invisibles entre édifices d’une même génération. Les éléments ainsi collectés enrichissent les analyses des textes et de la carto-interprétation.


Fig. 07 - Carte de répartition des édifices religieux. S...

Près de 300 églises médiévales ont été répertoriées sur l’aire d’étude grâce à l’enquête systématique sur le terrain complétée par divers bullaires, pouillés et procès-verbaux de visites pastorales du diocèse d’Agen depuis le XVIe siècle[6], soit une moyenne de trois églises par commune actuelle, mais ce chiffre peut s’élever jusqu’à une dizaine d’édifices à Montpezat ou Penne-d’Agenais. Leur répartition est assez homogène, avec une concentration légèrement plus importante dans le secteur occidental des « Serres », entre Garonne et Lot (fig. n°7). Leur implantation s’échelonne depuis les rives du Lot au sommet des coteaux, de part et d’autre de la vallée. Les principaux prieurés et abbayes, Eysses, Clairac (fig. n°8), Sainte-Livrade, Monsempron, Fongrave (fig. n°9) sont situés au voisinage du Lot. Hormis Saint-Sernin d’Eysses et Clairac, la fondation des établissements conventuels date des XIe et XIIe siècles[7], de même que toutes les églises paroissiales médiévales. Autour des églises inventoriées se recompose le maillage paroissial, dont la chronologie peut être reconstituée.


Fig. 08 - Clairac, vue du site abbatial. Phot. Inv. M. D...

(fig. n°8)


Fig. 09 - Fongrave, vue du prieuré depuis les bords du L...

(fig. n°9)


Fig. 10 - Carte du contexte paroissial dans l’environnem...

Sur le territoire communal de Castelmoron-sur-Lot par exemple (fig. n°10), subsistent aujourd’hui trois églises paroissiales champêtres, en plus de l’église Saint-Hilaire, construite a novo au centre du bourg au XIXe siècle[8]. Deux autres édifices détruits sont mentionnés en 1662, dont Saint-Hilaire, probable église matrice[9]. Intra muros, le village castral abrite sous l’Ancien Régime un prieuré, déjà en ruine au XVIIIe siècle[10]. Enfin, l’ancienne chapelle du château faisait office d’église paroissiale avant sa destruction au milieu du XIXe siècle. Un document du XVIIe siècle illustre la complexité du démembrement paroissial, décrivant l’église paroissiale Saint-Hilaire de Castelmoron située « dans l’enclos dudit lieu », tandis que la « vieille église qu’on appelait Saint-Hilaire », à deux mille pas, est en ruine[11]. Phénomène classique en Agenais, la création du castrum en bordure du Lot a déplacé le centre de gravité de peuplement et laissé exsangues les anciens chefs de paroisse.

La mise en place des réseaux : les bourgs

Le réseau serré de centres paroissiaux anciens confirme la densité du peuplement, réservoir d’une population dispersée prête à alimenter des agglomérations en gestation. Les textes étant rares pour l’Agenais avant le milieu du XIIIe siècle, l’analyse des processus de morphogenèse s’appuie sur l’examen de la topographie urbaine et sur les plans anciens, particulièrement le cadastre napoléonien. Il ressort que les premiers noyaux de condensation restent perceptibles malgré les bouleversements ultérieurs, en particulier autour des établissements monastiques de Clairac (fig. n°11) et Sainte-Livrade[12]. En revanche, l’église seule n’a pas constitué de pôle de fixation d’un peuplement important au Moyen Age, à l’exception notable de Prayssas (fig. n°12), cas de village ecclésial parfaitement circulaire organisé autour de son église romane, mais qui doit sa pérennité à sa réactivation en castrum au XIIIe siècle[13].


Fig. 11 - Restitution du bourg de Clairac au Moyen Age. ...

(fig. n°11)


Fig. 12 - Détail du plan cadastral napoléonien de Prayss...

(fig. n°12)

Les premiers habitats nobiliaires issus de la révolution castrale n’ont certes pas engendré de lieux centraux, mais ont constitué les points d’ancrage d’un réseau serré de petites agglomérations. Dans la vallée, quelques châteaux établis sur les berges du Lot, sur des sites naturellement défendus, ont constitué des points de fixation de l’habitat : à Aiguillon, au confluent du Lot avec la Garonne, sur le site d’un emporium antique déserté, un habitat groupé est attesté par l’archéologie à partir du XIe siècle[14] ; un noyau villageois ancien est repérable à Castelmoron, délimité par un ruisseau détourné, et à Casseneuil, niché dans l’ultime boucle de la Lède avant sa confluence.
Fig. 13 - Vue du site de Monbahus. Phot. Inv. M. Marques...
        Le site d’Hauterive, composé d’une motte et d’une vaste basse-cour, a peut-être abrité un habitat villageois, mais il est aujourd’hui isolé à 250 mètres de la localité actuelle. Sur les coteaux, les seigneurs locaux ont établi de préférence leur résidence sur les « pechs » (fig. n°13), nombreux au nord du Lot ou sur les éperons des Serres, refuges naturels réaménagés et renforcés de fortifications de terre[15].

La croisade albigeoise, qui a affaibli la noblesse locale et occasionné ici quelques destructions (Casseneuil, Penne, Pujols et peut-être Montpezat), introduit une césure importante dans l’urbanisme aquitain : avec l’épilogue du traité de Paris de 1229 qui scelle la paix, le comte de Toulouse Raymond VII, outre l’obligation de démanteler trente places fortes (dont Casseneuil et Pujols), reçoit l’interdiction de fonder de nouvelles villes fortifiées[16] ; mais cette contrainte le libère des préoccupations militaires, ainsi qu’indirectement ses vassaux. La plupart des anciens sites castraux sont restructurés, mentionnés comme castra seigneuriaux, tels Fumel, Cancon ou Montpezat, version locale des bourgs castraux[17]. Parallèlement, la manifestation d’un nouvel urbanisme dirigé et rationnel (expérimenté par exemple à Montauban dès le XIIe siècle), trouve une expression renouvelée avec les bastides, dans les années 1240[18]. Héritier des domaines du comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, frère du roi de France, fonde les premières bastides agenaises dans la vallée du Lot, avant 1256 à Monclar et Monflanquin, puis trois autres avant 1270[19]. Ces localités perchées mais ouvertes, sièges de centres administratifs, sont l’instrument de la politique du comte pour asseoir son autorité sur une « terre » encore mal soumise. Elles offrent un modèle urbanistique qui trouve sa pleine expression à Villeneuve-d’Agen en 1264[20], bastide de vallée et monument d’urbanisme (fig. n°14). Dans un contexte de croissance urbaine, l’aristocratie locale entreprend également l’extension de ses castra par le lotissement de nouveaux quartiers. Ces développements planifiés restent perceptibles sur les plans à Casseneuil (fig. n°15) et Castelmoron (fig. n°16) ; les seigneurs ecclésiastiques participent également à ce mouvement, notamment à Sainte-Livrade, étendu dans le cadre d’un paréage en 1289, ou au Temple-de-Breuil encore vers 1320[21].


Fig. 14 - Plan de la bastide de Villeneuve-sur-Lot. Des....
        (

fig. n°14)


Fig. 15 - Plan cadastral napoléonien du bourg de Cassene...

(fig. n°15)


Fig. 16 - Plan du bourg de Castelmoron, dessiné à partir...

(fig. n°16)


Fig. 17 - Tournon, vue du site villageois. Phot. Inv. H....
        Le premier des seigneurs, le roi-duc Edouard Ier, réorganise totalement le castrum de Tournon sur ce même modèle dans les années 1280 et lance un mouvement de nouvelles fondations[22](fig. n°17). Ce faisant, le pouvoir comtal, puis ducal, parachève la hiérarchie urbaine de la vallée, désormais équipée de lieux centraux, les castra et bastides sièges de « bailies » comtales, dotées de foires et marchés, et de lieux centraux secondaires, anciens centres paroissiaux et castra seigneuriaux. Dans la période troublée d’opposition entre Capétiens et Plantagenêts, bastides et castra retrouvent un intérêt stratégique, rôle qu’illustre l’épisode de la guerre de Saint-Sardos, suite à la création en 1323 par le roi de France de la bastide en territoire anglais.
Fig. 18 - Sauveterre-la-Lémance, vue de la forteresse. P...
        Dès lors, les préoccupations urbanistiques le cèdent aux enjeux militaires, ce dont témoigne la mise en défense de nombreuses places, dont Tournon et la forteresse de Sauveterre à la fin du XIIIe siècle (fig. n°18). Villes ouvertes par essence, les bastides s’enclosent dans le courant du XIVe siècle, principalement après la campagne du comte de Derby en 1345 et l’échec du duc de Normandie devant Aiguillon en 1346[23]. Les effets conjugués de la guerre et des épidémies contrarient l’essor des agglomérations, fossilisées dans leur tracé médiéval.

L’essentiel de la trame du peuplement s’est ainsi mise en place au Moyen Age, symbolisée par les églises, les châteaux et les agglomérations encore inscrits dans l’espace inventorié et/ou les sources écrites. C’est sur cette trame que se sont brodés les paysages ruraux de la vallée du Lot.

2 - Patrimoines et paysages ruraux

Les matériaux de construction

Le territoire inventorié s’étend sur quatre secteurs topographiques : la vallée du Lot, large artère plane et fertile ; au nord de la vallée, les Molasses, collines douces ponctuées parfois de buttes, les « pechs », modelées par l’érosion dans les molasses de l’Agenais composées de grès tendres et d’argiles ; au sud, les Serres, plateau calcaire de l’Aquitanien, subsistant sur les strates molassiques, fortement découpé par des vallées encaissées et bordé d’éperons dominant les vallées du Lot et de la Garonne ; au nord-est, près de Fumel, le plateau calcaire amorçant le début des causses du Quercy (fig. n°19)(fig. n°20)(fig. n°21)(fig. n°22).


Fig. 19 - Carte de répartition des maisons et fermes rep...

(fig. n°19)


Fig. 20 - Carte de répartition des maisons et fermes rep...

(fig. n°20)


Fig. 21 - Carte de répartition des maisons et fermes rep...

(fig. n°21)


Fig. 22 - Carte de répartition des maisons et fermes rep...

(fig. n°22)

Comme le montre la cartographie, les matériaux de construction correspondent à première vue à cette esquisse topographique et géologique. Pays de bois et pays de pierre dessinent deux grandes zones que confirment les mises en œuvre plus ou moins complexes des charpentes.
Fig. 23 - Ancien logis à façade en tuf (Monbahus, Bois J...
        Le calcaire gréseux des Molasses, appelé « tuf », est concentré dans ce secteur (fig. n°23), alors que la brique est surtout fréquente dans la vallée. Toutefois l’adéquation du sol et des matériaux n’est pas sans nuances. L’usage du tuf n’est pas négligeable dans les Serres où il affleure dans les vallées : sa résistance aux variations de température et la possibilité de sciage en font un matériau parfait pour les fours, les encadrements de baies, les contre-cœur de cheminées, voire pour un édifice entier en pierre de taille comme l’église Saint-Just à Hautefage. A Clairac se lisent aussi les options fonctionnelles des maîtres d’œuvre dans le choix des matériaux de construction : le calcaire gris local, solide mais grossier, souvent mêlé à de la brique, est réservé au gros œuvre, alors que les encadrements et éléments moulurés sont réalisés en calcaire blanc à grain fin provenant de carrières de la rive gauche du Lot[24]. La pierre employée au XIIe siècle pour les édifices religieux est concurrencée par la brique à partir du XIIIe siècle[25]. La brique, matériau fabriqué, est peut-être de ce fait la plus soumise aux variations de mises en œuvre autant que de modules[26]. Pour les toitures, la spécificité de la partie orientale de la vallée se lit encore dans les traces des anciennes couvertures de lauzes calcaires, remployées pour aménager des combles à surcroît lorsque l’usage de la tuile s’est généralisé. La tuile plate est employée sur des bâtiments des XVIe et XVIIe siècles, induisant un toit à forte pente très repérable dans le paysage. L’ardoise est la couverture de château et prieurés dès le XVIIIe siècle, puis de maisons de notables du XIXe siècle, maîtres de forge en Fumélois, patrons d’usines ou grands propriétaires ailleurs. Ainsi le choix de matériau correspond à une fonction, s’inscrit dans une époque, voire décrit le statut social du commanditaire. L’étude diachronique d’un territoire prouve que les matériaux de construction dépendent certes du sol, mais aussi beaucoup du temps et de l’histoire[27].

Les paysages

Les nuances des paysages des Serres, des Molasses, de la vallée du Lot et du Fumélois sont aujourd’hui clairement perceptibles : les architectures conservées autorisent-elles à retrouver des traits des paysages du passé ?


Fig. 24 - Hameau de Pélagat au bord du Lot (Aiguillon). ...

Les bords du Lot ont attiré depuis le Moyen Age des hameaux de pêcheurs, petites agglomérations désordonnées et non fortifiées, des bourgs ecclésiaux, des maisons-fortes destinées à surveiller les passages, puis des bastides[28](fig. n°24). Des domaines agricoles avec métairies s’y fixent, mais à une date incertaine : aux XVIe et XVIIe siècles, de nouveaux propriétaires comme les Scorailles à Sangruères ou des couvents comme l’Annonciade de Villeneuve se taillent de belles propriétés rurales. L’habitat de la vallée est surtout dispersé, mais jamais éloigné, évoquant une agriculture intensive[29]. Dans les années 1960-1970, la vallée est totalement transformée par l’invasion des lotissements - qui ont absorbé sans le détruire le bâti précédent -, en même temps que le remembrement a modifié les mosaïques du parcellaire. La vallée est sans doute le secteur le plus changé en quelques siècles : les fermes, proies des crues, de l’expansion urbaine et des bouleversements agraires, ont souvent été remaniées ou réédifiées, nous privant d’informations sur leurs modes de construction et d’organisation antérieurs.


Fig. 25 - Evolution du hameau de Pagnagues entre 1823 et...

Dans les Serres, l’implantation médiévale des bourgs castraux et des châteaux isolés sur des éperons privilégie la défense, les églises étant souvent sur des pentes. L’habitat de la fin du XVe au XVIIe siècle, en calcaire, est assez abondant pour fonder une connaissance. Les habitations sont essentiellement regroupées en hameaux sans ordre d’une quinzaine de feux en moyenne. Les logis sont petits, d’une ou deux pièces, avec cave ou étable en soubassement. Les contrastes du relief expliquent le choix manifestement récurrent de sites en haut des versants de vallées : l’habitat est ainsi au-dessus et à proximité des lignes de sources sous l’escarpement calcaire, mais aussi entre les terres sèches du plateau en vignes et céréales et les terres lourdes et humides de la vallée, dans une région de polyculture. Les hameaux décrivent un mode de vie nécessairement communautaire pour une bonne part du quotidien. A partir de la fin du XVIIIe siècle, un mouvement de regroupement des exploitations et des logements modifie sensiblement le paysage et révèle un autre mode d’exploitation du sol : d’anciens hameaux figurant encore comme tels sur le cadastre des années 1830 se dépeuplent depuis la fin du XVIIIe siècle, ne formant plus qu’une ou deux exploitations au début du XXe siècle ; un nouveau logis plus grand et plus confortable est alors construit, tandis que les anciens petits logements sont convertis en dépendances. Le plateau accueille des fermes isolées seulement au XIXe siècle (fig. n°25).

Dans les Molasses, l’habitat ancien en pan de bois et tuf relativement fragiles est inégalement conservé. Outre les villages, habituellement perchés sur les versants d’une butte ou en occupant le sommet quand la topographie le permet, des hameaux ont sûrement existé, mais il semble que des exploitations isolées se soient développées plus tôt qu’au sud du Lot, dès la deuxième moitié du XVIIe siècle : dès cette époque, en effet, des fermes composées du binôme logis / grange-étable, isolées sur les coteaux, cultivent les terres alentour.


Fig. 26 - Castelnau de Sauveterre-la-Lémance. Phot. Inv....

En Fumélois, les témoignages bâtis des XVe et XVIe siècles sont nombreux. Il s’agit de petits logis d’une ou deux pièces généralement groupés en hameaux, en calcaire y compris autrefois la couverture en lauze. Des cabanes en pierre sèche couvertes en tas de charge, abri pour les outils et la volaille, confirment la prééminence de la pierre. L’habitation est très souvent à l’étage, accessible par un escalier extérieur sous « balet » (auvent). Ces petites exploitations ont fréquemment perduré aux XVIIIe et XIXe siècles, contrairement à celles des Serres, grâce à l’activité complémentaire fournie aux agriculteurs par les industries de la vallée de la Lémance et de Fumel. La construction de logis en rez-de-chaussée et de granges étables au XIXe siècle est la principale transformation. A la fois encore très boisé et industrialisé dans les vallées depuis plusieurs siècles, le paysage du Fumélois est peut-être le plus constant du territoire étudié (fig. n°26).

Ainsi sur chacun des quatre grands secteurs topographiques, la conservation des indices bâtis se révèle malheureusement inégale, de nouveaux aménagements effaçant parfois les précédents. Les vestiges matériels permettent donc tantôt des restitutions assez précises, tantôt de grands traits, selon les époques et selon les lieux, mais apportent de toutes façons un matériau nécessaire à l’étude paysagère, d’autant qu’ils sont replacés dans leur contexte synchronique.

De quelques types

La description de ces trames paysagères repose en fait sur une analyse de l’architecture dont les éléments sont datés, localisés, enregistrés avec leurs principales caractéristiques. Ici apparaissent le traitement du grand nombre et le caractère itératif qui donnent à la méthode typologique toute son efficacité. Evitant les appellations géographiques des dernières synthèses sur l’espace rural agenais, notamment celle de Pierre Deffontaines[30],au profit de critères plus formels, la typologie de l’inventaire s’appuie sur les relations entre l’habitation et les dépendances agricoles : ferme à logis et parties agricoles indépendants, édifice abritant sous le même toit habitation et dépendances, édifice à cour, bâtiments agglutinés. Les fermes et les demeures des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, qui représentent la majorité du corpus, offrent des constantes particulièrement aisées à appréhender dans cette typologie. Les logis de cette période appartiennent aussi pour la plupart à quelques modèles. Outre l’avantage de traiter rapidement des informations répétitives, la typologie permet de découvrir ou de cerner des constructions rares, double aspect de la méthode que quelques exemples vont tenter d’illustrer.


Fig. 27 - Ferme à logis et grange-étable (Lafitte-sur-Lo...

Le type de très loin le plus fréquent comprend un logis généralement en rez-de-chaussée avec une grange à trois vaisseaux à structure porteuse en charpente, dont l’élévation antérieure est très souvent précédée d’un « balet » (auvent) (fig. n°27). Ce modèle de grange semble se répandre à partir du milieu du XVIIe siècle[31] et perdure jusque dans la première moitié du XXe siècle, marquant très fortement par son ample toiture le paysage des campagnes de l’ensemble du territoire, mais plus spécifiquement dans la vallée et au nord, alors que sa généralisation semble plus tardive dans le sud-est du territoire, et même très faible au nord-est. Ce bâtiment peut atteindre au début du XXe siècle une superficie de 800 mètres carrés sous charpente moisée.
Fig. 28 - Grange-étable (Moulinet, Lacapelle). Phot. Inv...
        Nouveau type de dépendance agricole apparu dans la région au XVIIe ou bâti dont les exemples antérieurs ont simplement disparu ? Sa souplesse intrinsèque en a facilité les usages et les reconversions : outre les récoltes et les charrettes, y ont pris place successivement, voire concomitamment, les bêtes de labour, un petit élevage ovin disparu au XVIIIe siècle, les chais d’un vignoble assez étendu jusqu’au phylloxéra, puis un élevage bovin, et une « pigeonnière » sous le balet[32]. En revanche, sa surface de toiture en fait aujourd’hui le bâtiment le plus menacé de démolition (fig. n°28).


Fig. 29 - Maison à empilage (Montastruc, Esquirol). Phot...

Plus rares et cependant mieux connues, les maisons à empilage de poutre étaient exclusivement situées par l’historiographie dans le nord de l’Agenais, pays de bois[33] ; cependant, l’inventaire systématique a révélé une diffusion de la technique bien plus large que dans la seule zone où on la recherchait jusqu’à présent, dépassant la limite supposée du Lot. L’interprétation ne peut donc être seulement géographique, d’autant que les monographies ont prouvé que cet habitat pouvait être tenu par des propriétaires nobles, posant alors une nouvelle question sur le statut social de ce type de construction (fig. n°29).


Fig. 30 - Détail de mur en terre crue (le Temple-sur-Lot...

Complètement méconnues dans la région, des fermes en torchis monté par banchage ont été identifiées dans la vallée, autour de Villeneuve-sur-Lot. Technique associée uniquement à des bâtiments de la fin du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle, dépendances seules ou logis et dépendances sous le même toit, elle pourrait donc avoir été introduite tardivement (ce qui n’exclut pas une autre technique de bauge antérieure) (fig. n°30).


Fig. 31 - Dépendance d’une métairie de Sangruères (Ville...

Autre aspect du bâti rural, des métairies dépendant de domaines agricoles sont reconstruites au XIXe siècle : l’utilisation d’un modèle unique crée un ensemble homogène autour de la tête du domaine, comme à Monac (Bourran), Cadrès ou Sangruères (Villeneuve-sur-Lot). S’ils répètent souvent des types courants, le mode de construction est plutôt innovant, introduisant très tôt des chaînages de brique dans l’esprit italianisant prôné en Agenais par l’ingénieur Lomet, comme à Bon Repos (Villeneuve-sur-Lot). C’est surtout la vallée qui offre ce type de construction (fig. n°31).

Chacun de ces types replacé dans son contexte géographique et historique, dans sa série endémique ou pléthorique, livre des informations sur la manière de vivre et d’habiter, au-delà des simples modes de construction. L’identification de modèles pose aussi des interrogations sur leur origine, leur diffusion, leur fonction spécifique dans une société et dans un système agraire. En cela, l’inventaire est étroitement dépendant des études historiques qui fournissent des explications aux questions posées par les témoignages matériels, aux constats parfois surprenants et inattendus du travail de terrain.

3 - Matériaux pour une histoire des mutations

Une période pléthorique : la deuxième moitié du XVe et le XVIe siècle

L’abondance d’éléments de la fin du XVe et du XVIe siècle indique une intense période de construction - témoignage précieux, même si l’on peut regretter que cette ampleur masque l’état antérieur[34](fig. n°32). Celle-ci peut sans doute s’expliquer par l’état d’abandon dû à la guerre de Cent Ans, ainsi que par l’essor démographique du XVIe siècle, où l’immigration a une large part en Agenais.
Fig. 32 - Château et hameau de Bonaguil (Saint-Front-sur...
        Ce mouvement général concerne tant la rénovation du paysage urbain que les campagnes, les églises que les fermes et les maisons nobles. Un tiers des églises recensées sont reconstruites ou agrandies par ajout de chapelles latérales formant transept, voire bas-côté. 40% des châteaux ou manoirs font l’objet d’une campagne de travaux : simple rénovation de maisons fortes médiévales dont subsiste le moyen appareil cubique percé de nouvelles fenêtres (par exemple les tours chevaleresques des bords du Lot entre Penne et Fumel), mais parfois installation a novo d’un domaine agricole contrôlé par un manoir ; Sangruères et surtout Bon Repos, près de Villeneuve, implantés dans la vallée au XVIe siècle au cœur de leur domaine, représentent ce nouvel habitat noble moins disposé pour la défense, malgré bretèches et mâchicoulis, que pour l’exploitation agricole. Dans les villages, de petites maisons souvent à pan de bois marquent durablement les paysages urbains, ainsi que les « barris » ou faubourgs qui se développent dans le même temps. Même à la campagne où ces témoignages sont souvent plus clairsemés, sur 6 communes de Serres[35], on dénombre 65 édifices ruraux comportant des éléments architecturaux datables de cette période.


Fig. 33 - Prieuré de Monsempron, élévation est du prieur...

Toutefois, cette importance quantitative ne doit pas masquer une certaine modestie qualitative. Certes, les maisons nobles adoptent au XVe siècle le plan rectangulaire flanqué d’une tour d’escalier hors œuvre qui se généralise à cette époque dans l’Ouest de la France, en rupture avec la tradition locale de la tour-salle, et montrent une certaine ouverture à la nouveauté. Mais le mode de construction des églises laisse perdurer la voûte d’ogives jusqu’au milieu du XVIIe dans les édifices paroissiaux, qui conservent chevets polygonaux, contreforts d’angles et ogives reposant sur des culots sculptés d’animaux ou de têtes humaines sommairement taillées. Généralement, les ornements sont rares et peu fouillés. Signalons cependant les roses sculptées - motif très prisé à Cahors au point d’être parfois nommées « roses du Quercy » - qui se répandent jusqu’en Agenais à Monsempron ou Perricard, indices d’échanges artistiques par la vallée du Lot (fig. n°33).

Les effets dévastateurs des guerres de Religion si vigoureusement mis en avant par une certaine tradition historiographique sont peut-être à revoir de façon plus nuancée au vu des vestiges qui sont parvenus jusqu’à nous et cette période mal connue au sud du Périgord devrait trouver un regain d’intérêt soutenu par les témoignages bâtis[36].

Les mutations du milieu du XIXe siècle

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le réseau des agglomérations reste remarquablement stable. Toutefois, certains bourgs à l’écart de la vallée se vident ou ne sont plus reconstruits après le XVIe siècle, comme Pujols qui, malgré un regain d’activité dans les années 1520 avec la fondation de la collégiale Saint-Nicolas et la reconstruction de nombreuses demeures intra-muros, sombre très vite dans un certain marasme architectural. Les villes se limitent aux remparts médiévaux et les paysages urbains révèlent l’imbrication de la ville avec leur campagne (« granges » et jardins intra-muros sur des surfaces importantes[37]). Les mesures d’urbanisme étant très modestes - plantations d’arbres sur les boulevards à Villeneuve ou Sainte-Livrade -, quelques villes de la basse vallée se détachent dans ce contexte par un plus grand dynamisme architectural dès les XVIIe et XVIIIe siècles, qu’il serait souhaitable d’expliquer par une étude historique : Clairac s’étend après le siège de 1622[38] peut-être en raison d’une forte communauté protestante ; Castelmoron, ville portuaire, est dotée de demeures de notables. Enfin, Aiguillon offre le cas unique d’un grand projet d’urbanisme voulu par le duc, ministre de Louis XV, mais brutalement interrompu par son départ [39]. Parmi les bâtisseurs urbains de l’époque moderne, les principaux sont les communautés religieuses et les confréries de pénitents[40]. Il est intéressant de noter que leurs édifices adoptent plus vite que les églises paroissiales les formes classiques de couvrement et de décor : alors que les voûtes d’ogives sont encore monnaie courante dans la première moitié du XVIIe siècle (comme la chapelle datée 1623 à Saint-Etienne de Villeneuve), les ordres conventuels et les pénitents optent pour les voûtes en berceau ou les lambris de couvrements polygonaux et commandent des retables et des tabernacles à des sculpteurs hors de la région (les Tournié de Gourdon ont ainsi fourni plusieurs chapelles).


Fig. 34 - Porte à chambranle à crossettes de la maison 3...

Un mouvement de renouvellement du paysage urbain est perceptible à partir du milieu du XIXe siècle, révélant l’activité des anciens bourgs médiévaux. A Villeneuve-sur-Lot, les municipalités des années 1830-1850 encouragent un nouvel ordre urbain : adoption du style néo-classique, affranchissement de la contrainte du parcellaire médiéval. Quoique sobres, ces constructions présentent des élévations ordonnancées et des ornementations dont le dessin semble directement inspiré de la façade de l’hôpital, bâti entre 1833 et 1840 sur les plans de l’architecte départemental Gustave Bourières : ce rôle de modèle architectural local explique la fréquence dans le paysage urbain villeneuvois des chambranles à crossettes, des fenêtres en plein cintre et de certaines moulurations (fig. n°34).
Fig. 35 - Plan des décors en ferronnerie à Villeneuve-su...
        Les principaux axes commerçants concentrent les décors les plus onéreux, comme les sculptures et les balcons, l’architecture reflétant on ne peut plus clairement les structures économiques et sociales (fig. n°35).

Ce mouvement se lit aussi à plus petite échelle à Sainte-Livrade ou Castelmoron. Il est nettement perceptible de façon moins attendue dans la campagne, avec des reconstructions de maisons de maître, de logis de fermes, de métairies (fig. n°36).
Fig. 36 - Maison de maître du milieu du XIXe siècle à Ni...
        L’importance du renouvellement général qu’il entraîne signale à la fois une volonté de modernité affirmée, mais aussi, bien évidemment, une période prospère autour de la vallée du Lot, dont les fondements économiques doivent être analysés en détail…

Cette collecte en grande partie inédite donne matière à réflexion pour de futurs travaux : les questions d’évolution du maillage paroissial, de mise en valeur des campagnes, de relations entre les agglomérations et leur territoire ou d’analyse des parcellaires, sont encore des champs de la recherche à fertiliser par les apports de l’inventaire. Ces données apportent un socle de connaissance sur l’histoire des campagnes à mettre en corrélation avec les sources archivistiques traditionnelles. Au-delà du catalogue illustrant l’évolution des formes et la diffusion des modèles, se lisent en filigrane, dans cette histoire des lieux, les organisations sociales, économiques et culturelles héritées du passé. Le caractère exhaustif de l’enquête permet d’introduire des nuances de terroirs, enfin, de brosser un tableau dont les motifs se précisent selon l’acuité du regard porté sur sa texture patrimoniale.


Référence de cet article

BESCHI,Alain, MOUSSET,Hélène.La vallée du Lot en Lot-et-Garonne : inventaire topographique. In Situ, revue des patrimoines [en ligne],1995, n°6 [consulté le JJ/MM/AAAA].
http://www.insitu.culture.fr/article.xsp?numero=6&id_article=mousset-691


Table des illustrations

Fig. 01 - Frégimont, site de l’église paroissiale Saint-Barthélemy, vestiges. Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1999.

Fig. 02 - Saint-Salvy, Cugurmont, ruines de l’église Saint-Pierre. Phot. Inv.B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1996.

Fig. 03 - Montpezat, vestiges du site castral. Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 2005.

Fig. 04 - Cancon, vestiges du site castral. Phot. Inv. A. Beschi © Inventaire général, ADAGP, 1998.

Fig. 05 - Castelmoron, hôtel dit Tour du Fort, état en 1977 avant destruction. Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 1977.

Fig. 06 - Fumel, ancien quartier Notre-Dame, état en 1974 avant destruction. Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 1974.

Fig. 07 - Carte de répartition des édifices religieux. Sources : bases Mérimée et Patriarche. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 08 - Clairac, vue du site abbatial. Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 2001.

Fig. 09 - Fongrave, vue du prieuré depuis les bords du Lot. Phot. Inv. H. Mousset © Inventaire général, ADAGP, 2003.

Fig. 10 - Carte du contexte paroissial dans l’environnement de Castelmoron au Moyen Age. Des. Inv. A. Beschi © Inventaire général, 1999.

Fig. 11 - Restitution du bourg de Clairac au Moyen Age. Des. Inv. A. Beschi © Inventaire général, 2001.

Fig. 12 - Détail du plan cadastral napoléonien de Prayssas, 1823. AD Lot-et-Garonne.

Fig. 13 - Vue du site de Monbahus. Phot. Inv. M. Marques © Inventaire général, ADAGP, 1998.

Fig. 14 - Plan de la bastide de Villeneuve-sur-Lot. Des. Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2002.

Fig. 15 - Plan cadastral napoléonien du bourg de Casseneuil. Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 2000.

Fig. 16 - Plan du bourg de Castelmoron, dessiné à partir du plan cadastral de 1821. Des. Inv. A. Beschi © Inventaire général, 2001.

Fig. 17 - Tournon, vue du site villageois. Phot. Inv. H. Mousset © Inventaire général, ADAGP, 2007.

Fig. 18 - Sauveterre-la-Lémance, vue de la forteresse. Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1996.

Fig. 19 - Carte de répartition des maisons et fermes repérées en calcaire. Source : tableaux de repérage. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 20 - Carte de répartition des maisons et fermes repérées en brique ou brique et pierre. Source : tableaux de repérage. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 21 - Carte de répartition des maisons et fermes repérées en « tuf ». Source : tableaux de repérage. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 22 - Carte de répartition des maisons et fermes repérées en pan de bois. Source : tableaux de repérage. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 23 - Ancien logis à façade en tuf (Monbahus, Bois Joli). Phot. Inv. H. Mousset © Inventaire général, ADAGP, 1998.

Fig. 24 - Hameau de Pélagat au bord du Lot (Aiguillon). Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 2003.

Fig. 25 - Evolution du hameau de Pagnagues entre 1823 et 2000 (Montpezat). Des. Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2005.

Fig. 26 - Castelnau de Sauveterre-la-Lémance. Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1996.

Fig. 27 - Ferme à logis et grange-étable (Lafitte-sur-Lot, Femouillade). Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 2001.

Fig. 28 - Grange-étable (Moulinet, Lacapelle). Phot. Inv. M. Marques © Inventaire général, ADAGP, 1998.

Fig. 29 - Maison à empilage (Montastruc, Esquirol). Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 2001.

Fig. 30 - Détail de mur en terre crue (le Temple-sur-Lot, la Tuquette). Phot. Inv. H. Mousset © Inventaire général, ADAGP, 2003.

Fig. 31 - Dépendance d’une métairie de Sangruères (Villeneuve-sur-Lot, Courbiac). Phot. Inv. H. Mousset © Inventaire général, ADAGP, 2002.

Fig. 32 - Château et hameau de Bonaguil (Saint-Front-sur-Lémance). Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1997.

Fig. 33 - Prieuré de Monsempron, élévation est du prieuré (Monsempron-Libos). Phot. Inv. B. Chabot © Inventaire général, ADAGP, 1997.

Fig. 34 - Porte à chambranle à crossettes de la maison 31 rue Jean-Cosse-Manière, Villeneuve-sur-Lot. Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 2000.

Fig. 35 - Plan des décors en ferronnerie à Villeneuve-sur-Lot. Source : tableaux de repérage. Carte Inv. H. Mousset © Inventaire général, 2002.

Fig. 36 - Maison de maître du milieu du XIXe siècle à Nicole. Phot. Inv. M. Dubau © Inventaire général, ADAGP, 1998.


Notes

1 - Ce projet a associé le ministère de la Culture, le Conseil général et l’Europe. L’enquête d’inventaire topographique porte sur l’architecture publique et privée et sur le mobilier public. L’opération a été menée en 7 ans par 3 enquêteurs permanents et quelques aides ponctuelles.

2 - Plutôt qu’une ligne restrictive le long de la rivière, le territoire inventorié recouvre les 12 cantons traversés ou bordés par celle-ci, représentant un ensemble de 89 communes : 1422 km², soit un tiers du département.

3 - Les édifices ou ensembles cités en exemples dans cet article ont fait l’objet de notices accessibles sur les bases Mérimée ou Palissy du ministère de la Culture et de la communication. L’ensemble de la documentation est consultable au centre de documentation du patrimoine à Bordeaux.

4 - Celle-ci doit trouver sa place dans un Cahier du patrimoine à paraître en 2006.

5 - Territoire à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, la vallée du Lot n’a quasiment jamais été considérée comme un objet d’étude à part entière : dans le volume de la collection Fleuves et rivières de France consacré au Lot, le chapitre sur le Moyen Age traité par J. Lartigaut (p. 38-61) concerne essentiellement la vallée dans son tronçon quercynois. Dans les actes du congrès de la Fédération Historique du Sud-Ouest de 1992 sur La vallée du Lot et son environnement (actes du XLIVe congrès d'études régionales tenu à Cahors et Villeneuve-sur-Lot les 4 et 5 avril 1992. Bordeaux : Fédération Historique du Sud-Ouest, 1994), seul un article concerne la vallée au Moyen Age : SIMON, P. Bertrand Jourdain, abbé d’Eysses (1240-1272) et la remise en ordre de l’Agenais. p. 131-147.Outre quelques monographies communales de qualité - mais déjà anciennes (en particulier les ouvrages de l’abbé Alis sur Aiguillon, Histoire de la ville d’Aiguillon et de ses environs depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à nos jours. Agen : Ferrau frères, 1895, et de L. MASSIP sur Cancon : Histoire de la ville et des seigneurs de Cancon en Agenais. Agen : Imp. Vve Lamy, 1891), l’essentiel des connaissances sur la période médiévale est dû à l’historien Pierre Simon, dont la thèse sur la société nobiliaire en Agenais a renouvelé les approches des cadres de peuplement au XIIIe siècle, par l’analyse de la promotion du castrum par l’aristocratie locale (La société nobiliaire en Agenais de Raymond VII à la guerre de Saint-Sardos. Bordeaux III, 1994 ; voir aussi La bailie de Tournon dans la 2e moitié du XIIIe siècle. Revue de l’Agenais, 1987, p. 13-34).Depuis lors, de rares travaux universitaires sont venus éclairer l’occupation du sol de quelques portions du territoire (BOULIAC, H. Inventaire des sites fortifiés du canton de Penne-d’Agenais. Mémoire de maîtrise, Toulouse, 1994 ; Formes d’habitat et pouvoir en Agenais (entre Lot et Garonne) au Moyen Age. Mémoire de D.E.A., Bordeaux, 1997). Actuellement, c’est la notion de « bastide » qui est passée au filtre de la critique historique, dans le cadre d’un groupe de travail réuni autour de Pierre Simon.Ces recherches s’inscrivent dans la thématique de la mise en place des cadres de vie au Moyen Age, dont Benoît Cursente a révélé tout le potentiel pour la Gascogne (Des maisons et des hommes : la Gascogne médiévale (XIe-XIIe siècles). Toulouse : P.U.M., 1998). Les grandes synthèses sur l’architecture datent des années 1870 pour l’architecture religieuse, d’un siècle plus tard pour l’architecture castrale : THOLIN, G. Etudes sur l’architecture religieuse de l’Agenais du Xe au XVIe siècle. Paris-Agen, 1874 ; GARDELLES, J. Les châteaux du Moyen Age dans la France du Sud-Ouest. Genève, 1972.Les édifices médiévaux majeurs de la vallée ont fait l’objet de monographies dans les années 1960, en particulier l’église prieurale de Monsempron : DUBOURG-NOVES, P. Guyenne romane. Zodiaque, 1969 (Collection La nuit des temps) ; et le château de Bonaguil : SÉRAPHIN, G. Bonaguil, demeure seigneuriale en Agenais. Cahors, 1979.En revanche, d’autres aspects - bâti civil et domestique ou morphogenèse des agglomérations - n’ont été traités que dans des études ponctuelles sur l’est du territoire, études liées au dynamisme de la recherche sur l’habitat médiéval en Quercy et Périgord voisins (pour une bibliographie exhaustive sur l’habitat médiéval, voir le site Internet de la Société archéologique du Midi, adresse URL : http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/grmaison/gtmaison1.htm)ou sur les bourgs dans le Midi toulousain (Morphogenèse du village médiéval (IXe-XIIe s.), actes de la table ronde tenue à Montpellier, 22-23 février 1993/ Inventaire général. Montpellier : Association pour la connaissance du patrimoine en Languedoc-Roussillon, 1996).

6 - Bullaire de Vallier (recueil de restitution de dîmes du XIIIe et début du XIVe siècle, compilé en 1551 par le vicaire général Jean de Vallier) : A.D. Lot-et-Garonne, 12 J 314 (transcription J. Marboutin) ou 5 J 703 (transcription Dubois) ; Pouillé historique du diocèse d’Agen pour l’année 1789, publié par le chanoine Durengues, Agen, 1894 ; visites pastorales, en particulier des évêques Nicolas de Villars (limite XVIe-XVIIe siècles) et Claude Joly (milieu XVIIe siècle), voir : Répertoire des Visites pastorales de la France, première série : anciens diocèses (jusqu’en 1790), tome Ier. Paris : CNRS, 1977, p. 23-38.

7 - Gondon : vers 1105-1110 ; Pérignac : avant 1180 ; Sainte-Livrade : avant 1117 ; Fongrave : milieu du XIIe siècle ; Monsempron : avant 1130 ; Saint-Sardos : 1153.

8 - Au sud-ouest dans la vallée en bordure du Lot, l’église romane Saint-Pierre de Roubillon (ou Roubillou, ancienne dépendance du chapitre Saint-Sernin de Toulouse), Saint-Remy et Sainte-Madeleine de Sermet, sur les coteaux au nord-ouest du village. Les églises de Roubillon et Saint-Remy sont actuellement ruinées et isolées, l’église de Sermet, reconstruite à la fin du XIXe siècle, est en bordure d’un hameau. Voir BURIAS, J. Atlas de l’Agenais. Paris : C.N.R.S., 1979.

9 - Saint-Hilaire à 500 mètres environ au nord du bourg, et Saint-Martin à 700 mètres au sud-est, dans la vallée, édifices décrits ruinés, petits, carrés et accompagnés d’un cimetière ; voirCABANNES, L.-E. Notice historique sur la ville de Castelmoron-sur-Lot. Agen : impr. Veuve Lamy, 1886, p. 6-9 ; selon lui, d’autres églises sont mentionnées dans le document de 1622 portant dénombrement des églises sur lesquelles le seigneur de Castelmoron percevait des droits, mais les informations sur ces édifices sont trop fragmentaires pour être prises en compte.

10 - D’après le chanoine Durengue, cité par C. GACHE (dans Une histoire de Castelmoron. Service éducatif des archives départementales, imp. du département de Lot-et-Garonne, 1993, p. 5 et 9 note 1), le pape Jean XXII mentionne un prieuré en 1316 ; or dans le compte des subsides de 1326, il est simplement question de la capella de Castelmoros (Archives Historiques de la Gironde, t. XIX).

11 - CLÉMENS, J. Eglises et bourgs du diocèse d’Agen. Revue de l’Agenais, 1968, p. 7 ; d’après une note de l’abbé Dubois, en 1678, le sieur Marsit reçoit une sommation pour avoir “ emporté chez lui les pierres des antiennes masures de l’esglize Saint Hillaire ” (cf. LOUBLANCHES, M. L. Contribution à l’histoire de Castelmoron. Ouvrage dactylographié, 1961, p. 10 [mairie de Castelmoron].

12 - Par exemple à Sainte-Livrade, le site initial dans un enclos fortifié est repérable sur un plan de 1655 (A.N., N III Lot-et-Garonne 1 ; A.D. Lot-et-Garonne, 1 Mi 93), qui offre une lecture du mur de ville parfaitement circulaire autour du prieuré ; sur cet aspect, voir BESCHI, A. Les petites villes de la vallée du Lot au Moyen Age : urbanisme et patrimoine architectural. Actes du colloque national sur l’histoire des petites villes, (Aiguillon 12-13 mai 2000) [à paraître].

13 - Coutumes octroyées entre 1266 et 1275, publiées par FONDA, J. Coutumes de Prayssas. Revue de l’Agenais, 1964, p. 171.

14 - REGINATO, A. Aiguillon, dans L. Maurin (dir.). Villes et agglomérations urbaines antiques du sud-ouest de la Gaule, Histoire et archéologie. 2e colloque Aquitania (13-15 septembre 1990 : Bordeaux). Bordeaux : 1992, p. 12-14.

15 - En particulier Grateloup, Montastruc, Monbahus, Verteuil, vraisemblablement Tourtrès.

16 - Publié dans Layettes du trésor des chartes, 1224-1246, t. II, n° 1992, par M. A. Teulet.

17 - Plus de 20 castra mentionnés dans les documents agenais de la deuxième moitié du XIIIe siècle sont répertoriés dans la vallée (« Prise de possession de l’Agenais au nom du roi de France, 1259 » par THOLIN, G. et FALLIÈRES, O. Recueil des travaux de la Société d’Agriculture, Lettres et Arts d’Agen, 1897 ;Hommages des seigneurs de l’Agenais au comte de Toulouse, 1271 par J.-P. TRABUT-CUSSAC, Bordeaux, 1959 ; Livre d’Agenais par G.-P. CUTTINO, Toulouse, 1956…).

18 - BERTHE, M. Quelle a été la première bastide ? Mélanges Xavier Ravier. Toulouse, 2003, p. 599-608.

19 - Coutumes de Monclar et Monflanquin (1256), publiées dans M. GOURON. Chartes de franchises de Guyenne et de Gascogne. Paris, 1935 ; paréages sur Saint-Pastour (1259), Castelseigneur (Laparade, 1265), Castelnaud-de-Gratecambe avant 1270) : voir SÉRAPHIN, G. etal., Bastides, villes nouvelles du Moyen Age. Milan, 1992.

20 - MOUSSET, H. Urbanisme et architecture à Villeneuve-sur-Lot. Cahiers du Centre d’études des bastides, n°6, 2002, p.88-103.

21 - Le cas le plus exemplaire est celui de Port-Sainte-Marie dans la vallée de la Garonne, ancien bourg monastique étendu dans le cadre d’un paréage en 1259.

22 - Bastides de Lacenne (1283), Granges (1291), Nicole (1293), Libos (1305 ou 1320).

23 - SIMON, P. Bertrand Jourdain, abbé d’Eysses (1240-1272) et la remise en ordre de l’Agenais (actes du XLIVe congrès d'études régionales tenu à Cahors et Villeneuve-sur-Lot les 4 et 5 avril 1992. Bordeaux : Fédération Historique du Sud-Ouest, 1994), p. 41.

24 - Le calcaire gris provient habituellement des carrières de Thabor à Clairac, le calcaire blanc de Lacépède, sur la rive gauche du Lot ; cf. notamment A. D. Lot-et-Garonne, 2 O 65/19 : devis estimatif des travaux à faire pour restaurer la maison commune, 1826.

25 - Voir en particulier l’église de Port-de-Penne sur le bord du Lot, construite en pierre de taille de tuf au XIIe siècle, reprise en brique au XIIIe ou XIVe siècle.

26 - Exemples de variations de mise en œuvre : assises inférieures en pierre de taille au XIVe siècle à Clairac et Villeneuve-sur-Lot, assises alternées au XVIIe siècle à Castelmoron ou Laparade, encadrements des baies en pierre au milieu du XIXe siècle, encadrements en brique au début du XXe siècle. Variations de module : brique d’environ 5 cm d’épaisseur au Moyen Age, puis de 2,5 cm au XVIIe siècle jusqu’à l’apparition de la brique industrielle régulière à la fin du XIXe. Cf. A. D. Lot-et-Garonne, 2 O 65/19, devis de 1828 : « les briques quelle que soit leur destination, seront de bonne qualité et de choix, bien moulées, conformes au modèle en usage dans le pays […] ».

27 - Voir MOUSSET, H. Matières à bâtir de Lot-et-Garonne. Le Festin, 2003, n°46, p.41-47.

28 - Exemples : villages de pêcheurs comme Lésigne ou Hauterive, bourgs ecclésiaux comme Sainte-Livrade ou le Temple, maisons-fortes comme Favols ou Roger, bastides comme Villeneuve-sur-Lot ou Granges-sur-Lot.

29 - La présence au Temple-sur-Lot de 7 puits d’irrigation sur 10 hectares donne une idée de la dimension moyenne des pièces cultivées.

30 - DEFFONTAINES, P. Les hommes et leurs travaux dans les pays de la moyenne Garonne. Lille, 1932. Voir aussi LUXEMBOURG, M. Géographie du département de Lot-et-Garonne. Nérac : impr. G. Couderc, 1954.

31 - Exemples datés à Beaugas (Nicot, 1671) et Lacépède (Buscaret, 1689).

32 - Le vaisseau central est bien réservé à la grange et aux outils, mais les “ appents ” (côtés ou appentis) du toit peuvent avoir divers usages, dont le plus répandu à partir du XIXe siècle est celui d’étable sous fenil que les crèches séparent de la grange. Les usages multiples du bâtiment ne sont guère conservés dans la tradition orale, mais apparaissent dans les inventaires révolutionnaires (A. D. Lot-et-Garonne, série 1Q).

33 - CLEMENS, J. Géographie historique de la maison à empilage en Agenais. Géographie historique du village et de la maison rurale, Actes du colloque tenu à Bazas les 19-21 octobre 1978. Bordeaux : C.N.R.S., 1979. Voir également FRAY, F. Construction en empilage dans le Nord-Agenais. L’information d’Histoire de l’Art, 1974, p. 213-219.

34 - Sauf dans la partie orientale de la vallée, dont les bourgs conservent l’essentiel de leur bâti médiéval ; sur Penne-d’Agenais, voir : DELLETRY, A. Architecture civile médiévale à Penne-d’Agenais. Mémoire de maîtrise, Université Paris I, 2002 ; sur Tournon : MARIN, A. Une maison du XIIIe siècle à Tournon-d'Agenais, rue de la Citadelle. Bulletin monumental, t. 160, 2002, p. 304-306.

35 - Montpezat, Dolmayrac, Laugnac, Cours, Sembas et Sainte-Colombe-de-Villeneuve (source : tableaux de repérage de l’inventaire).

36 - Pierre Simon a récemment commencé des recherches sur ce thème dans la région de Tournon-d’Agenais.

37 - MOUSSET, H. Urbanisme et architecture à Villeneuve-sur-Lot. Cahiers du Centre d’études des bastides, n°6, 2002, p. 88-103.

38 - Cette extension a été mise au jour grâce à la localisation d’un bâti important du XVIIe siècle dans un quartier de la ville sous forme de lotissement régulier. L’analyse très fine des plans anciens a permis de la mettre en relation avec la démolition des fortifications à la suite du siège.

39 - La mise en perspective de la vue cavalière du projet (A. D. Lot-et-Garonne : Fi ) et des édifices exécutés offre une recomposition de la ville depuis la cour du château, s’élargissant vers la campagne en une place flanquée de quatre pavillons de dépendances, puis une seconde place qu’auraient bordée des maisons de série.

40 - Villeneuve accueille trois nouveaux couvents, Clairac un, Aiguillon un, Port-Sainte-Marie trois, Tonneins un (ou 2) et Tournon un. Des confréries de pénitents sont fondées à Tonneins, Aiguillon, Port-Sainte-Marie (2), Sainte-Livrade, Casseneuil, Villeneuve (2), Penne et Tournon.